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Le
Mois de l’histoire des Noirs demeure
un moment unique pour souligner les
avancées de notre communauté, et
surtout rappeler les défis que nous
avons à relever. À cet égard, il
nous apparaît toujours important de
relever que ces défis ne sont pas
seulement les nôtres en tant que
groupe social, en tant que
communauté. Notre devenir est
collectif, et doit être le fait de l’ensemble
de la société.
L’histoire
et son évolution ne cessent de nous
rappeler ici et ailleurs les
contributions contemporaines et
significatives des communautés
noires. À cet égard, nous
célébrons cette année le 50ème
anniversaire du programme des aides
–familiales, qui sont venues des
Caraïbes et des Antilles pour
travailler dans les familles
québécoises. Ces femmes ont ainsi,
pendant de nombreuses années,
assisté de nombreuses familles, en
participant quotidiennement à l’éducation
de leurs enfants, à leur encadrement,
autant à leur bien être qu’à
celui de toute leur famille d’accueil.
Ces femmes plus que parfaites
(expression des auteures Raphaelle de
Groot et Elizabeth Ouellet),
symbolisent spécifiquement une des
contributions les plus significatives
des dernières années que des membres
des communautés noires ont apporté
à Montréal. Contribution marquante
et importante, car on ne peut ignorer
qu’un des aspects cruciaux
inhérents à toute société humaine
repose sur le maillon qui tient toute
société: la famille. En servant
ainsi ces nombreuses familles, elles
ont ainsi assuré ce qu’il y a de
plus cher, notamment leur protection,
leur développement et leur
bien-être.
On ne peut donc
ignorer aujourd’hui les bienfaits de
ce dévouement, car plusieurs de ces
enfants, élevés par ces mamies
venues des Caraïbes et des Antilles,
avec leurs couleurs, leurs accents,
leur joie de vivre, leurs épices, en
plus de leur bonne humeur sont devenus
aujourd’hui des dirigeants de notre
société, des professionnels, des
éducateurs, bref des gens qui
comptent et dont la société est
certainement fière. Puisse notre
devoir de mémoire et de
reconnaissance nous rappeler de saluer
comme il se doit, celles qui à leur
début, ont forgé leur personnalité
et leur ont apporté le bonheur, l’amour
et le bien-être nécessaires pour se
parfaire.
Cet anniversaire que
nous soulignons symbolise aussi notre
idée de valeurs communes, de valeurs
partagées; car, quoi de plus
important que la solidarité, la
reconnaissance, le respect et la
convivialité pour raffermir le vivre
et le construire ensemble : base d’une
société juste et équitable,
englobant tous ses actifs. Cette
histoire de valeurs communes c’est
aussi l’élan de solidarité
exprimé lors de la catastrophe des
Gonaives en Haïti. Bref, une histoire
de valeurs communes, autant qu’elle
a pu s’exprimer dans le passé ici
et ailleurs, autant elle devrait être
le socle, la base de nos valeurs, pour
construire ensemble un avenir radieux
pour tous, à Montréal, au Québec,
au Canada et dans le reste du monde.
Par
ailleurs, on voit aussi poindre ici et
là des signes de renouveau, qui
suscitent certes espoir et
renaissance, mais qui méritent à
plus long terme d’être confirmés,
pour laisser éclore d’autres
fruits. La reconnaissance publique des
artistes comme Corneille (Artiste de l’année
voté par le public : Gala des
Félix), Luck Mervil (Patriote de l’année
: Société St-Jean Baptiste) et
Boubacar Diabaté (Prix Boubacar
Diabaté – Québec pluriel,
Communautés Culturelles en action - :
Société d’expression du patrimoine
du Québec), pour ne citer que ceux
là, des professionnels comme Me
Claudette Barthelemy Asner (Prix de la
Justice du Québec : Barreau du
Québec), ou encore des personnalités
politiques comme Yolande James
(Première femme noire élue députée
à l’Assemblée Nationale), Maka
Kotto (Premier homme noir du Québec
à être élu à la Chambre des
Communes) ou Marlene Jennings
(Première femme noire du Québec à
être nommée Secrétaire
Parlementaire du Premier Ministre du
Canada); cette reconnaissance est
globalement assez significative pour
qu’on s’y arrête et qu’on la
souligne.
À notre avis,
cette reconnaissance individuelle,
méritée des uns et des autres, dans
des sphères différentes de la
société, et néanmoins au même
moment, montre effectivement que s’amorce
un renouveau, dont l’ensemble de la
communauté pourra certainement en
tirer profit; car il y a de ces signes
qui ne trompent pas. Puisse cette
réalité se concrétiser dans un
avenir proche, et qu’on aille
au-delà de cet état de grâce
momentané. Pour qu’enfin dans l’ensemble
de la société, les talents, les
engagements et les mérites de notre
communauté soient reconnus et
récompensés à juste titre. C’est
sur ce vœu d’espoir, sur cette note
de conviction que je vous convie tous
à participer à l’édition 2005 du
Mois de l’histoire des Noirs.
Édition riche en événements, et
particulièrement cette année, riche
en débats.
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Black
History Month is always a special
moment to underscore the advances made
by our community and, above all, to
remind ourselves of the challenges we
face. In this regard, it seems
appropriate to recall that these
challenges are not ours alone in terms
of a single group in society and a
single community; to see our destiny
as collective, in a future that must
be assumed by the entire society.
History
as it unfolds never ceases to remind
us here and abroad of the contemporary
and important contributions made by
black communities. In this
perspective, together this year we
celebrate the 50th anniversary of
women domestic workers, the arrival of
individuals from the Caribbean and the
Antilles who came to work and live in
Quebecois families. These women, over
many years, helped large numbers of
families through their day-to-day
involvement in the education of their
charges, by raising these children, in
short, by contributing to the
well-being both of youngsters and of
the families who hired them. These “Super-Perfect”
women (to borrow an expression from
the writers Raphaelle de Groot and
Elizabeth Ouellet), stand as a clear
symbol for all superlative
contributions people from the black
community have made to Montréal in
modern times. These are important
contributions; they are also indelible
for the simple reason that it is
impossible to ignore such as critical
an aspect of all human society as the
cornerstone of it all -- the family.
By serving in numerous families in
their manner, these women carried with
them the most precious gifts they
could give these children: protection,
family up-bringing, security and
well-being.
Today, we cannot
ignore the good that flowed from such
dedication because many of these
children who were raised by a nanny
derived so much from her devotion and
because so many of these children
raised by Caribbean and Antillean
women, women of coulour, women with
accents, women who showed joy in life
with their spices and their good
humour – their charges have grown
today into the managers and directors
of our society, the professionals, the
educators, in short, the people who
count a great deal and of whom society
is surely proud. Our duty to remember
and venerate these women should remind
us to celebrate them, the women who
gave young leaders a start by forging
their personality and who brought
cheer, love and security into these
lives as necessities for latter
successes.
This anniversary we
are marking also symbolizes our
concept of commonly held values,
shared values, precisely because the
most precious things are solidarity,
gratitude, respect and the fellowship
of working and living together: they
form the base of a just and equitable
society, one that includes all the
folks who make it up. This saga of
shared values is also embodied in the
élan of solidarity demonstrated
throughout the catastrophe in Gonaives
in Haiti. In brief, this is a saga of
shared values and just as these values
emerged in the past here and abroad,
in like manner they must become united
as the foundation stone, the base of
all other values, so that we may
collectively construct a radiant
future for all, for everyone living in
Montréal, in Québec and in Canada.
Also
of interest we note that there are
signs of a renewal here and there,
reasons for hope and for reawakening
but signs that require a firmer,
long-term confirmation during which we
will allow the harvest to ripen
further. Public recognition of artists
like Corneille (Artist of the Year
2004: Gala des Felix), Luck Mervil (Patriot
of the Year: from the St-Jean-Baptiste
Society) and Boubacar Diabaté (Boubacar
Diabaté Prize – from Québec
pluriel- Cultural Communities in
Action: from the Québec Heritage
Expressions) to only mention just a
few; professionals like Maitre
Claudette Barthelemy Asner (the
Justice Prize of Québec: from the
Québec Bar Association) or even
politicians like Yolande James (the
first black woman of Quebec elected
Member to the National Assembly), Maka
Kotto (the first black man in Québec
to be elected to the House of Commons)
or Marlene Jennings (the first black
woman from Québec to be appointed
Parliamentary Secretary to the Prime
Minister of Canada). Globally, these
signs of recognition are so
significant that we should pause and
put them in the spotlight.
In
our opinion, the recognition of
individual merit is a thing that
reaches out to all of us, in our
various spheres of society; this
touches all of us at once. Let us
recognize that we are living through a
renewal that touches the entire
community, which will assuredly
benefit, because these are signs that
are solid. We look forward to the
signs becoming permanent realities
without delay, that we may all go
beyond the touch of momentary glory.
We desire that together within our
society we win recognition and reward
for all our talents, our involvements,
our merit as a rightful community. On
this note expressing my hope and
conviction, I call on all of you to
participate in the Year 2005 Black
History Month. This year we are richly
endowed with an array of events and
most particularly with opportunities
and challenges for open dialogue.
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